Résilience et solidarité en Algérie : une manne politique ?

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publication du 23/09/2026

Face aux incendies dévastateurs qui ont frappé l’Algérie, la mobilisation citoyenne a une nouvelle fois été massive, en Algérie comme dans la diaspora. Nacima Ourahmoune, professeure senior à KEDGE Business School et directrice du Thesis Lab, en propose une lecture qui dépasse la seule chronique humanitaire : celle d’une solidarité ancienne, organisée et profondément ancrée dans l’histoire sociale et politique du pays, mais dont la mise en récit devient aussi un enjeu de pouvoir.

Les incendies, un révélateur social et politique

Les incendies en Algérie ne sont pas seulement une catastrophe environnementale. Ils rendent visibles des capacités collectives déjà éprouvées lors de crises précédentes : réseaux locaux, entraide, circulation rapide de l’information, mobilisation de compétences et soutien de la diaspora.

Cette solidarité n’est ni nouvelle ni surprenante. Elle s’inscrit dans une histoire longue de résistance, d’autonomie et d’organisation face à l’épreuve. Mais lorsqu’elle est célébrée comme preuve de résilience nationale, une autre question apparaît : comment une capacité largement produite par la société est-elle intégrée au récit politique ?

La résilience peut ainsi devenir une ressource symbolique pour le pouvoir, sans pour autant se convertir mécaniquement en adhésion ou en légitimité politique.

Solidarité, résilience et pouvoir

Nacima Ourahmoune analyse la résilience non comme une qualité abstraite du peuple algérien, mais comme une capacité sociale concrète, visible dans les pratiques de secours, d’organisation et de mobilisation et distinguées par les travaux en sciences sociales sur la solidarité mécanique.

Son analyse montre aussi le caractère ambivalent de cette résilience. D’un côté, elle produit de la cohésion, de la fierté et une forme de communitas dans l’épreuve. De l’autre, son intensité tient aussi aux lacunes qu’elle vient combler lorsque les risques sont mal anticipés ou que les institutions ne répondent pas assez vite.

Le pouvoir en place peut valoriser cette solidarité, l’inscrire dans un récit national et mobiliser les mêmes registres de résistance, de dignité et d’unité. Mais cette proximité symbolique continue d’interroger l’écart entre une participation citoyenne très forte dans les crises et une mobilisation politique beaucoup plus faible dans les urnes.

L’enjeu est de comprendre comment une solidarité socialement produite peut être incorporée au récit de la résilience nationale sans que cette captation symbolique suffise à produire une légitimité politique équivalente.

Nacima Ourahmoune est professeure senior de marketing à KEDGE Business School et directrice du Thesis Lab. Chercheuse en Consumer Culture Theory, elle travaille notamment sur la manière dont les mouvements sociaux et activistes mobilisent les ressorts de la consommation et du marché pour avancer faire avancer leurs causes.

Cette contribution, publiée dans The Conversation, illustre la capacité des enseignants-chercheurs de KEDGE à proposer des analyses académiques ancrées dans l’actualité, accessibles au grand public et utiles au débat public.

Pour accéder à l’analyse complète de Nacima Ourahmoune sur les incendies en Algérie, la solidarité citoyenne et la résilience comme ressource politique :

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