Rouler électrique, mais à quel coût pour les finances publiques ?

Fiscalité

Finances publiques

publication du 18/09/2026

La voiture électrique s'impose progressivement sur les routes françaises. Portée par les politiques climatiques et les incitations fiscales, cette transition semble aller dans le bon sens. Mais derrière ce virage énergétique se cache une question budgétaire que peu d'analystes osent poser frontalement : si les Français roulent de moins en moins à l'essence, qui compensera les 24 milliards d'euros de taxes que l'État perçoit aujourd'hui à la pompe  tous les ans?

Une manne fiscale qui pourrait s'évaporer

Les recettes liées aux carburants fossiles représentent une part non négligeable des ressources fiscales de l'État français. Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, TVA sur les carburants, malus écologiques : ces prélèvements alimentent chaque année les caisses publiques.

Or, la montée en puissance de la voiture électrique remet directement en cause cet équilibre. Moins de véhicules thermiques, c'est mécaniquement moins de consommation de carburant, donc moins de recettes fiscales. Le chiffre avancé dans l'analyse publiée sur The Conversation est éloquent : ce sont potentiellement 20 milliards d'euros de recettes annuelles qui pourraient disparaître à mesure que le parc automobile se décarbone.

Qui paiera l'addition ?

La vraie question n'est pas de savoir si cette transition est souhaitable, elle l'est, sur le plan environnemental. Elle est de savoir comment l'État adaptera sa fiscalité pour ne pas se retrouver avec un trou budget encore plus déficitaire.

Plusieurs scénarios sont envisageables : taxation de l'électricité utilisée pour la recharge, création de nouvelles taxes kilométriques, révision des malus ou des taxes à l'immatriculation. Chaque option soulève des enjeux d'équité, de compétitivité et d'acceptabilité sociale que l'analyse d'Eric Pichet permet de mieux comprendre.

Ce que cette contribution met en lumière, c'est la dimension systémique d'une transition que l'on réduit trop souvent à ses seuls bénéfices environnementaux, en occultant ses effets de bord sur les finances publiques.

L'éclairage d'un expert KEDGE en fiscalité et finances publiques

À travers cette contribution publiée sur The Conversation, l’analyse d’Eric Pichet ne se contente pas de poser le problème : elle en explore les mécanismes et invite à anticiper les arbitrages fiscaux inspirés notamment de la nouvelle-Zélande et de l’Islande qui s'imposeront aux gouvernements dans les années à venir.

Lire l'article complet sur The Conversation