LE POINT DE VUE DE L'EXPERT KEDGE BS - 13.10.2017

La dette publique française : un chantier digne de Jupiter

LE POINT DE VUE DE L'EXPERT KEDGE BS - 13.10.2017

Dans une étude à paraître prochainement, « La soutenabilité de la dette publique française 2017-2027 et la hausse des taux d'intérêt », Pierre Gruson, Professeur de finance à KEDGE, dresse un état des lieux préoccupants de la dette publique en France et des perspectives d’évolution à court terme.

La dette publique française avoisine les 100% du PIB et fût un vaste sujet pendant toute la campagne présidentielle 2017, suscitant parfois des questions surréalistes : faut-il rembourser en Francs, décréter le défaut de paiement… Maintenant qu’une nouvelle équipe est au pouvoir, il faut revenir à des réalités plus concrètes. Serons-nous capables de rembourser une dette dont la seule partie négociable sur les marchés représente 1600 milliards d’euros, soit plus de 20 000 € par habitant ?

Selon Pierre Gruson, « les Etats se sont installés, en temps de paix, dans une dépendance structurelle au déficit public ».

Plusieurs phénomènes leur ont facilité les choses :

  • La baisse des taux d’intérêt que nous connaissons depuis près de vingt ans
  • Les arbitrages de portefeuille des investisseurs en faveur des titres « souverains » : fly to quality
  • L’appétit naturel ou réglementaire (Bâle, Solvency) des investisseurs institutionnels pour les titres d’Etat a progressé plus vite que la quantité de titres disponibles. Les Etats ont systématiquement trouvé pléthore d’acheteurs pour leurs titres.

« Ce cocktail se révèle aujourd’hui explosif », ajoute Pierre Gruson. « Pour juger de la capacité de l’Etat français à faire face à ses échéances, il existe des modèles économétriques de prévision. » Pierre Gruson a mené une autre approche, plus comptable et financière en conduisant une analyse technique et dynamique des conditions d’équilibre du financement de l’Etat français pour la prochaine décennie. Les conclusions de ce travail sont plus que préoccupantes : pour maintenir en 2027 la dette négociable de l’Etat à son niveau actuel, il faudrait un solde budgétaire primaire en excédent de l’ordre de 1,10 % du PIB, (+25 milliards d’euros 2017). Le déficit prévu en 2017 est de 30 milliards... De même, si la hausse des taux d'intérêt attendue se produit en 2018, le surcoût global pour la dette en dix ans approcherait les 300 milliards d'euros.

« Face à ce fiscal cliff, pourquoi ne pas émettre des titres d’Etat de très longue maturité ? », propose Pierre Gruson. « Tant que les investisseurs restent confiants dans la solvabilité de la France, il faut en profiter. Cela desserre la contrainte de trésorerie liée au remboursement et permet de capturer le plus longtemps possible de faibles coupons. »

Pierre Gruson est à votre disposition pour toute demande de reportage et d'interview sur ce sujet d’actualité.

Retrouvez la tribune de Pierre Gruson dans le Monde paru ce jour. 

En savoir plus sur Pierre Gruson

Pierre Gruson est professeur de finance et d’économie à KEDGE. Auteur de plusieurs ouvrages et articles sur les marchés financiers, il est responsable de la salle des marchés « Reuters » qui équipe le campus de Bordeaux. Il anime également des séminaires de formation universitaires et professionnels en France et à l’étranger, et il est correspondant de l’Ecole de la Bourse de Bordeaux.

Contacts presse KEDGE 

Astrid BERGUGNAT Tel. +33 (0) 556 846 343 / astrid.bergugnat@kedgebs.com

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CP-FINAL-Dette publique-expert-Gruson (PDF - 326,1 kB)
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